(é)Prise de parole

(é)Prise de parole

Raconter, dénoncer, imaginer...et passer à l'action

« Les Carnets de Sema » #1ère partie intégrale, version eBook !

écrit par Sevim Balkaya

PRÉFACE

L’Histoire de ma vie a commencé quand j’avais à peine 20 jours. A l’époque mes parents vivaient avec mes grands-parents paternels. Quand mon père a été appelé pour son service militaire, ma grand-mère, qui détestait ma mère, a profité de son absence pour nous mettre dehors un jour d’hiver. Ma mère, ne connaissant personne, s’est réfugiée à l’entrée d’un bâtiment, m’enveloppant dans son manteau pour me protéger du froid, mais nous étions gelées toute la nuit. Le lendemain, sur le point de partir vers Urgup où vivait son père, elle se rendit compte que j’avais beaucoup de fièvre et elle m’a emmenée à une sorte de médecin de famille. On m’a transféré d’urgence vers l’hôpital. Je suis restée 15 jours en soins intensif, tout le monde croyait que j’allais mourir… Mon grand-père avait même prévu le tombeau attendant ma dépouille mortelle. Tout ceci était sans compter à quel point j’étais tenace ! Au bout de 15 jours, miraculeusement, j’ai commencé à me réveiller. Mon grand-père est venu pour nous emmener à Urgup où j’ai continué à grandir.

Quand mon père est rentré auprès de nous après son service militaire, il a commencé à travailler dans une usine, mais aussi à me battre parce que je faisais pipi au lit, ce qui a duré jusqu’à mes 12 ans. Ma maîtresse voyait bien que j’étais battue, à cause des bleus sur ma figure.

À l’âge 14 ans, trouvant que j’étais belle et que ça pourrait être une source de problèmes, mes parents m’ont mariée à un garçon qu’on croyait orphelin. Mon mari a pris le relais et commencé à me battre.

J’ai couché sur le papier une histoire de résistance. Je ne suis pas une victime, je suis une révoltée !

Ce n’est pas la soumission qui engendre les violences intrafamiliales et conjugales, mais la plupart du temps le seul fait de manifester une volonté propre, dans un système qui vous impose la soumission. 

J’espère que mon récit inspirera toutes les personnes qui traversent ou infligent des injustices.

Pour les femmes, partout dans le monde, la lutte n’est pas terminée. Elle se diffuse notamment à travers des témoignages, points de départ de changements individuels, collectifs et politiques. Par la sororité et la solidarité entre tous les humains qui rêvent d’un monde meilleur…

La violence n’élève personne, même pas ceux qui l’utilisent, parce qu’on leur a dit que c’était une preuve de force ou la seule marque d’autorité… La force n’est pas où ils la pensent.      

Si mon histoire vous inspire et que vous souhaitez faire un don, vous pouvez verser la somme sur le CCP du Collectif contre les violences familiales et l’exclusion pour soutenir leur combat. 

BE21 0682 2105 0903 – Communication : Don en faveur du CVFE

En 2021, ma maison a été inondée et j’ai tout perdu. 

Pour m’aider, vous pouvez aussi faire un don sur le

BE61 0013 8312 4717 – Communication :  » Merci pour votre histoire »

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                                                                                                            Bonne lecture !      S. B.

« Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde » Mahatma Ghandi

Le texte turc original a été traduit par Hulya Oztoprak & adapté lexicalement par Virginie Godet 

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